Le 22 janvier 2023, Sylvie Gourlet-Fleury nous quittait. Le Comité Scientifique et Technique forêt se joint à moi pour lui rendre, par ces quelques mots, un dernier hommage, qui n’efface en rien la peine qui nous étreint.

Docteure et chercheuse spécialisée en écologie forestière tropicale, Sylvie Gourlet-Fleury travaillait au CIRAD (Centre de coopération Internationale en Recherche Agronomique pour le Développement) et a contribué, des forêts guyanaises à celles d’Afrique centrale, à apporter au monde académique et aux gestionnaires forestiers, une bien meilleure compréhension de ces forêts, à travers de nombreuses publications de portée internationale relatives à la modélisation de la dynamique des forêts denses humides. La qualité et la passion avec lesquelles elle restituait ses travaux nous permettent aujourd’hui de mieux appréhender leurs modes de fonctionnement et d’en prédire leurs évolutions possibles dans le contexte du changement climatique.

C’est également sur les fondations qu’elle a bâties que nous pouvons, aujourd’hui, asseoir les règles de l’exploitation forestière tendant vers une plus grande durabilité.

Sylvie a conduit les premiers travaux scientifiques du site de référence pour la recherche dans le bassin du Congo, la station de M’Baïki en République Centrafricaine. Il est l’un des rares sites forestiers d’Afrique centrale permettant de collecter sur le long terme des données sur les écosystèmes et l’impact de l’exploitation forestière. Elle a soutenu M’Baïki sans relâche malgré les multiples difficultés à y travailler. Elle restera pour beaucoup d’entre nous indissociable de cette station forestière et de la passion qu’elle a su transmettre à des générations de chercheures et chercheurs de la région. L’amour qu’ils lui témoignent aujourd’hui à travers leurs nombreux hommages nous touche à tous. Sylvie était de celles et ceux qui transmettent pour le bien commun, de celles et ceux qui luttent pour des causes justes et universelles, généreusement, sans rien attendre en retour que le courage de ceux qui, à présent, savent grâce à elle.

Je garde en mémoire son plaidoyer pour que se perpétuent ses travaux et que d’autres sites équivalents à M’Baïki s’implantent dans le bassin du Congo, permettant de comparer la diversité des dynamiques forestières. Cela reste à faire et son souvenir nous oblige.

Pour ton infatigable enthousiasme et ta ténacité à défendre nos valeurs, pour ta rigueur scientifique et la patience grâce à laquelle tu as su nous faire partager tes savoirs sur les forêts du bassin du Congo, je te remercie Sylvie à tout jamais.

Toutes mes pensées vont à sa famille en cette période douloureuse et qui nous réunit.

Paris, le 24 janvier 2023

Christophe du Castel (AFD) 

 

Coordonnée par Bernard Mallet et le secrétariat du CST-F, cette journée s'est tenue le 19 octobre 2022, en format hybride.

 Compte-rendu Journée thématique

« La restauration des paysages forestiers : enjeux et opérationnalité »

Mercredi 19 octobre 2022

La journée thématique  devait apporter des éléments de réponse aux questions suivantes : Quels sont les apports de cette approche en matière d’efficacité environnementale et sociale ? Comment s’applique-t-elle concrètement sur le terrain et dans quelles conditions ? Quels résultats et enseignements peut-on en tirer ? Sont-ils l’objet de controverses ?

Ce compte-rendu constitue une base de réflexion à la prochaine élaboration d’un document de positionnement par le groupe de travail composé de membres du CST-F et d’intervenants extérieurs, constitué pour l’organisation de cette journée thématique.

 

Coordonné par Bernard Mallet (émérite Cirad) et le secrétariat du CST-F, cette journée s'est tenue le 19 octobre 2022, en format hybride.

 Compte-rendu Journée thématique

« La restauration des paysages forestiers : enjeux et opérationnalité »

Mercredi 19 octobre 2022

La journée thématique  devait apporter des éléments de réponse aux questions suivantes : Quels sont les apports de cette approche en matière d’efficacité environnementale et sociale ? Comment s’applique-t-elle concrètement sur le terrain et dans quelles conditions ? Quels résultats et enseignements peut-on en tirer ? Sont-ils l’objet de controverses ?

Ce compte-rendu constitue une base de réflexion à la prochaine élaboration d’un document de positionnement par le groupe de travail composé de membres du CST-F et d’intervenants extérieurs, constitué pour l’organisation de cette journée thématique.

 

En bas de page vous pouvez télécharger le compte-rendu (CR)  ainsi que les présentations en .pdf compressées en format .zip (5 au total).

Sachez qu’il est possible de commenter le compte-rendu ci-dessous, directement dans la partie  « commentaires ».

Bonne Lecture!

 

L'Initiative Française pour un Cacao Durable (IFCD) publie son rapport d'activité 2021/2022.

Les membres de l’IFCD réunis à l’occasion de la journée mondiale du cacao ont partagé le premier rapport d’activité de l’initiative.

Durant cette première année, l‘IFCD a pu se structurer et se doter d’une feuille de route fixant des objectifs précis pour lutter contre la déforestation liée à la cacaoculture, améliorer le revenu des producteurs de cacao et mettre fin au travail des enfants et au travail forcé dans les régions de production.

Un protocole d’accord a été signé avec les autres initiatives nationales pour un cacao durables (ISCO) afin de renforcer leur coopération et leur articulation notamment dans le dialogue avec les pays producteurs qui sera central pour les travaux des prochains mois de l’IFCD.

https://www.deforestationimportee.fr/fr/actualites/rapport-dactivite-20212022-ifcd-frisco-78

Canopée et plusieurs membres du CST-Forêt alertent sur le risque d’une révision des ambitions à la baisse dans le règlement européen sur la déforestation importée.

Le CST-Forêt a pour vocation de contribuer aux débats publics en formulant des recommandations opérationnelles. Il n' a en revanche pas vocation à relayer les appels ou initiatives de ses membres, aussi méritoire soient-elles.

Néanmoins, et face à la demande collective de plusieurs de nos membres, nous partageons la lettre ouverte proposée à Mme Bérangère Couillard, Secrétaire d’État à l’Écologie, pour renforcer la position de la France.

L’invitation de Canopée:

« A l’issue de la présidence de la France de l’Union européenne, le Conseil a adopté sa position sur la proposition de loi, mais sans combler les lacunes de la Commission sur la question des écosystèmes naturels […] La proposition de loi est maintenant rentrée en face de trilogue, et la position de la France dans ces négociations sera clé.

Alors que la majeure partie des importations européennes à risque de déforestation menace en premier lieu d’autres écosystèmes que les forêts, cette question sera essentielle pour juger l’ambition de cette loi ».

C’est pourquoi, nous vous invitons à co-signer une lettre à destination de la Secrétaire d’Etat à l’Ecologie Bérangère Couillard.

Vous trouverez ici l’exemplaire de cette lettre avec les co-signatures.

Klervi Le Guenic, Chargée de campagne forêts tropicales. 02/11/2022.

Les retours d’autres membres du CST Forêt

Toutefois, nous partageons la réaction d’Alain Karsenty, un des membres du CST- Forêt le plus actif:

« Je voudrais simplement attirer votre attention sur le fait que la question des autres écosystèmes naturels se pose différemment selon que l’on est au Brésil ou en Afrique forestière.

Au Brésil, il s’agit très justement de protéger les Cerrados et ceci est possible dans la mesure où il y a des millions d’hectares d’anciens pâturages dégradés où des activités agricoles pourraient se déployer.

En Afrique tropicale humide, il n’existe pas d’espaces comparables. Demander d’étendre le Règlement aux « autres écosystèmes naturels » reviendrait à demander qu’il n’y ait pas de plantations sur les savanes. Or, si l’expansion agricole ne peut se faire sur les savanes, et qu’il n’est pas question qu’elle se fasse sur les forêts, on dit à ces pays de renoncer à toute expansion agricole, ce qu’ils n’accepteront évidemment pas.

Je rappelle que dans le cadre d’un programme comme CAFI (Initiative Forestière pour l’Afrique centrale), dont la France est partie prenante aux côtés de la Norvège et d’autres pays, les programmes d’agriculture durable demandent que les plantations de culture pérenne (comme le palmier à huile) se fassent dans les savanes pour épargner les forêts. […] il n’est pas possible de multiplier les mesures prescriptives indifférenciées (il y en a déjà trop dans ce projet de règlement) et qu’il faut se laisser la possibilité de raisonner au cas par cas ».

Alain Karsenty, CIRAD, Département « Environnements et Sociétés » ; UMR SENS (Savoirs, Environnement, Sociétés). 03/11/2022.

Vous êtes invités.es à participer à ce débat, avec vos commentaires dans l’espace dédié au pied de page.

La certification du bois et la SNDI dans sa version en anglais: " Timber standards and the National Strategy to Stop Imported Deforestation: Compatibility and possible improvements"

Marie-Gabrielle PIKETTY Isabel GARCIA DRIG.
AVRIL 2022

This report analyses whether the current FSC and PEFC standards for wood-related industries and initiatives to certify the legality of timber meet the requirements of the French National Strategy to Combat Imported Deforestation (Stratégie Nationale de Lutte contre la Déforestation Importée -SNDI). It is based on an analysis of existing scientific and technical literature, supplemented by two workshops that brought together representatives of the SNDI and of each of the FSC andPEFC standards.

It shows that the four standards verifying timber legality only guarantee the absence of illegal
deforestation. They depend on the legislation in the exporting countries and its effective
enforcement. They are not suitable to guarantee complete absence of deforestation and forest
degradation.

Based on a preliminary comparative study, two standards well known to the general public
were studied: FSC (Forest Stewardship Council) and PEFC (Program for the Endorsement
of Forest Certification). The authors of the study checked the certification principles and
audit procedures for the two standards and reviewed zero deforestation requirements, in
particular integration of the HCV (High Conservation Value) and HCS (High Carbon Stock)
approaches, the extent to which legal status of land is taken into account, the free, prior
and informed consent approach (FPIC), labour rights, and measures facilitating access
to certification for smallholders and forest communities. They conclude that these two
standards meet the main requirements of the SNDI, contrary to other existing standards.
However, they also highlight certain limits.

Various proposals for improvement are put forward, having been the subject of work
seminars with representatives from the FSC and the PEFC. The objective is to specify the
definition of certain criteria and their implementation, to improve procedures for checking
the compliance of certain indicators, and to enable greater access to certification for
small producers in tropical forest countries.

 

Le téléchargement du rapport complet sur le lien, https://www.cst-foret.org/wp-content/uploads/CST-Foret_report-Timber-standards_FINAL.pdf

This report analyses whether the current FSC and PEFC standards for wood-related industries and initiatives to certify the legality of timber meet the requirements of the French National Strategy to Combat Imported Deforestation (Stratégie Nationale de Lutte contre la Déforestation Importée - SNDI).

Marie-Gabrielle PIKETTY Isabel GARCIA DRIG. Avril 2022

Based on a preliminary comparative study, two standards well known to the general public were studied: FSC (Forest Stewardship Council) and PEFC (Program for the Endorsement of Forest Certification). It is based on an analysis of existing scientific and technical literature, supplemented by two workshops that brought together representatives of the SNDI and of each of the FSC and PEFC standards.

The authors of the study checked the certification principles and audit procedures for the two standards and reviewed zero deforestation requirements, in particular integration of the HCV (High Conservation Value) and HCS (High Carbon Stock) approaches, the extent to which legal status of land is taken into account, the free, prior and informed consent approach (FPIC), labour rights, and measures facilitating access to certification for smallholders and forest communities. They conclude that these two standards meet the main requirements of the SNDI, contrary to other existing standards. However, they also highlight certain limits.

It shows that the four standards verifying timber legality only guarantee the absence of illegal
deforestation. They depend on the legislation in the exporting countries and its effective
enforcement. They are not suitable to guarantee complete absence of deforestation and forest
degradation.

Various proposals for improvement are put forward, having been the subject of work
seminars with representatives from the FSC and the PEFC. The objective is to specify the
definition of certain criteria and their implementation, to improve procedures for checking
the compliance of certain indicators, and to enable greater access to certification for
small producers in tropical forest countries.

 

Si la restauration des paysages forestiers n’entre pas a priori dans le périmètre de la Stratégie nationale de lutte contre la déforestation importée (SNDI), elle n’en constitue pas moins une priorité pour nombre de pays, en particulier au Sud, et constitue un sujet d’intérêt pour les filières d’approvisionnement opérant dans des paysages très fortement dégradés.

Cher·e·s membres et invité·e·s du CST Forêt,

Nous avons le plaisir de vous accueillir à notre journée thématique intitulée :

« La Restauration des paysages forestiers : enjeux et opérationnalité » 

qui aura lieu le Mercredi 19 octobre 2022, de 09h30 à 17h00  

à l’AFD, Salle Jacques Alliot – 5 rue Rolland Barthes, 70012 Paris

Cette journée thématique se propose de mobiliser des éléments de réponse aux questions suivantes : Quels sont les apports de cette approche en matière d’efficacité environnementale et sociale ? Comment s’applique-t-elle concrètement sur le terrain et dans quelles conditions ?  Quels résultats et enseignements peut-on en tirer ? 

Elle vise à la fois à dresser un état des lieux des connaissances, à mettre en évidence les sujets de débat, ainsi qu’à identifier des thématiques à approfondir pouvant déboucher sur des recommandations méritant d’être adressées aux pouvoirs publics et aux acteurs concernés par la RPF.

Le programme de la Journée est disponible sur la partie réservée aux membres du CST Forêt.

Sur la base d’une étude comparative préalable, deux standards bien connus du grand public ont été étudiés : FSC (Forest Stewardship Council) et PEFC (Program for the Endorsement of Forest Certification); ils ont à ce titre fait l’objet d’un chantier collectif « Certification » dans le cadre du Comité scientifique et technique Forêt.

Marie-Gabrielle PIKETTY Isabel GARCIA DRIG.
AVRIL 2022

Les standards de certification forestière représentent un levier important d’action pour limiter les risques de déforestation importée  au sein de la filière bois.

L’étude analyse si ces standards de la filière bois et les initiatives de certification de la légalité du bois répondent aux exigences de la Stratégie Nationale de lutte contre la Déforestation Importée (SNDI).

Elle  montre  que les quatre standards de vérification de la légalité du bois analysés ne garantissent que l’absence de déforestation illégale, mais pas l’absence de déforestation effective. Ils dépendent de la législation des pays exportateurs et de son application effective. Par contre,  les versions génériques des deux standards PEFC et FSC gestion forestière sont compatibles avec les critères de la SNDI.

Les auteures passent en revue notamment l’intégration des approches HVC (haute valeur de conservation) et HSC (haute valeur du carbone), la prise en compte du statut légal des terres, la démarche de consentement libre, informé et préalable (CLIP), le droit du travail, ainsi que l’accès à la certification pour les petits propriétaires privés et les communautés forestières

Diverses propositions d’amélioration sont formulées, après avoir fait l’objet de séminaires de travail avec des représentants du FSC et du PEFC. Il s’agit de préciser la définition de certains critères et leur mise en œuvre, d’améliorer les procédures de vérification de la conformité de certains indicateurs, et de permettre un plus large accès à la certification aux petits producteurs dans les pays forestiers tropicaux.

 

Le téléchargement du rapport complet sur le lien,  https://www.cst-foret.org/wp-content/uploads/CST-Foret_rapport-Certification-du-bois.pdf

Sur la base d’une étude comparative préalable, deux standards bien connus du grand public ont été étudiés : FSC (Forest Stewardship Council) et PEFC (Program for the Endorsement of Forest Certification); ils ont à ce titre fait l’objet d’un chantier collectif « Certification » dans le cadre du Comité scientifique et technique Forêt.

Marie-Gabrielle PIKETTY Isabel GARCIA DRIG.
AVRIL 2022

Les standards de certification forestière représentent un levier important d’action pour limiter les risques de déforestation importée  au sein de la filière bois.

L’étude analyse si ces standards de la filière bois et les initiatives de certification de la légalité du bois répondent aux exigences de la Stratégie Nationale de lutte contre la Déforestation Importée (SNDI).

Elle  montre  que les quatre standards de vérification de la légalité du bois analysés ne garantissent que l’absence de déforestation illégale, mais pas l’absence de déforestation effective. Ils dépendent de la législation des pays exportateurs et de son application effective. Par contre,  les versions génériques des deux standards PEFC et FSC gestion forestière sont compatibles avec les critères de la SNDI.

Les auteures passent en revue notamment l’intégration des approches HVC (haute valeur de conservation) et HSC (haute valeur du carbone), la prise en compte du statut légal des terres, la démarche de consentement libre, informé et préalable (CLIP), le droit du travail, ainsi que l’accès à la certification pour les petits propriétaires privés et les communautés forestières

Diverses propositions d’amélioration sont formulées, après avoir fait l’objet de séminaires de travail avec des représentants du FSC et du PEFC. Il s’agit de préciser la définition de certains critères et leur mise en œuvre, d’améliorer les procédures de vérification de la conformité de certains indicateurs, et de permettre un plus large accès à la certification aux petits producteurs dans les pays forestiers tropicaux.