La réunion du 16 juin 2020 a été consacrée à la restitution des deux études sur les impacts de la mise en œuvre de la SNDI autour de la construction d’un mécanisme de gestion du risque associé aux importations de soja du Brésil.

Réunion de restitution du 16 juin 2020

Le chantier sur les impacts de la déforestation a proposé de travailler sur un cas pratique pour évaluer si le Comité Forêt était en mesure de formuler des propositions opérationnelles pour le suivi de l’origine de l’importation du soja provenant d’Amérique Latine, et du Brésil en particulier.

Canopée et l’IDDRI ont mis en place un dispositif de dialogue avec des opérateurs de la filière, pour identifier les types de mécanismes susceptibles d’être mis en place pour atténuer le risque de déforestation sur les produits importés, notamment sur le marché français. En parallèle, une étude réalisée par une équipe de chercheurs brésiliens s’est concentrée sur le contexte socio-économique.

Ce travail a mis en exergue la dynamique créée par l’Association Canopée pour construire un dialogue avec les opérateurs ; ce qui a par la suite permis de formuler des recommandations.

Une équipe associant des scientifiques d’INRAE, du CEA et de l’Université d’Oklahoma a combiné des observations satellitaires de la biomasse végétale et de surveillance de la déforestation pour étudier l’évolution des stocks de carbone de la forêt amazonienne brésilienne entre 2010 et 2019. Leurs résultats, publiés dans Nature Climate Change le 29 avril 2021, montrent que la déforestation a fortement augmenté en 2019, passant à 3,9 millions d’hectares (contre 1 million en 2017 et 2018).

Cette étude souligne également que sur ces dix dernières années, la forêt amazonienne brésilienne a rejeté plus de carbone qu’elle n’en a absorbé et que les dégradations de la forêt, causées à la fois par les activités humaines et le changement climatique, en sont la principale cause.

Voici le résumé de cette étude, traduits de l’anglais par le Secrétariat du Comité Forêt :

“La dynamique spatiale et temporelle abstraite de la biomasse aérienne (AGB) et de la superficie forestière a une incidence sur le cycle du carbone, le climat et la biodiversité en Amazonie brésilienne. Ici, nous étudions les changements interannuels de l’AGB et de la superficie forestière en analysant par satellite les ensembles de données annuelles relatives à l’AGB et à la zone forestière. Nous avons constaté que la perte brute de superficie forestière était plus importante en 2019 qu’en 2015, peut-être en raison de l’assouplissement récent des politiques de protection des forêts. Toutefois, la perte nette d’AGB était trois fois plus faible en 2019 qu’en 2015.

Entre 2010 et 2019, l’Amazonie brésilienne a subi une perte brute cumulée de 4,45 Pg C contre un gain brut de 3,78 Pg C, soit une perte nette d’AGB de 0,67 Pg C. La dégradation de la forêt (73 %) a contribué trois fois plus à la perte brute d’AGB que la déforestation (27 %), étant donné que l’ampleur de la dégradation dépasse celle de la déforestation. Cela indique que la dégradation des forêts est devenue le plus grand processus de réduction du carbone et devrait devenir une priorité politique plus importante”.

Lire le communiqué de presse sur : https://www.inrae.fr/actualites/impacts-degradations-environnementales-amazonie-foret-bresilienne-rejette-du-carbone-derniere-decennie

Découvrir la publication originale (en anglais) : https://www.nature.com/articles/s41558-021-01026-5

L’ouvrage collectif "Importer du soja sans contribuer à la déforestation. Proposition d’un mécanisme pour mettre en œuvre les engagements français" vient d’être publié.

L’ouvrage collectif « Importer du soja sans contribuer à la déforestation. Proposition d’un mécanisme pour mettre en œuvre les engagements français »   vient d’être publié, avec une préface de l’Ambassadeur à l’Environnement Yann Werlhing et un résumé exécutif de 4 pages. Ce texte est le résultat d’un des premiers chantiers collectifs du Comité Forêt, coordonné par Canopée et l’Iddri.

L’Ambassadeur à l’Environnement, Mr Yann Wehrling, signe la préface de l’ouvrage en saluant le dynamisme et le professionnalisme des animateurs de ce chantier, ainsi que tous ceux qui y ont contribué, par leur participation aux ateliers, leurs commentaires et leur partage d’informations et de données. Il conclut : “Mettre fin aux importations de soja issu de la conversion d’écosystèmes d’Amérique du Sud est donc un enjeu central des politiques de lutte contre la déforestation, ce qui explique que le premier chantier de déclinaison opérationnelle de la SNDI ait été réalisé sur cette commodité. Son objectif était de mettre en place un système d’analyse du risque lié aux importations de soja, permettant à terme d’y remédier.”

L’ouvrage, imprimé à 250 exemplaires, est disponible gratuitement en téléchargement.