Une équipe associant des scientifiques d’INRAE, du CEA et de l’Université d’Oklahoma a combiné des observations satellitaires de la biomasse végétale et de surveillance de la déforestation pour étudier l’évolution des stocks de carbone de la forêt amazonienne brésilienne entre 2010 et 2019. Leurs résultats, publiés dans Nature Climate Change le 29 avril 2021, montrent que la déforestation a fortement augmenté en 2019, passant à 3,9 millions d’hectares (contre 1 million en 2017 et 2018).

Cette étude souligne également que sur ces dix dernières années, la forêt amazonienne brésilienne a rejeté plus de carbone qu’elle n’en a absorbé et que les dégradations de la forêt, causées à la fois par les activités humaines et le changement climatique, en sont la principale cause.

Voici le résumé de cette étude, traduits de l’anglais par le Secrétariat du Comité Forêt :

« La dynamique spatiale et temporelle abstraite de la biomasse aérienne (AGB) et de la superficie forestière a une incidence sur le cycle du carbone, le climat et la biodiversité en Amazonie brésilienne. Ici, nous étudions les changements interannuels de l’AGB et de la superficie forestière en analysant par satellite les ensembles de données annuelles relatives à l’AGB et à la zone forestière. Nous avons constaté que la perte brute de superficie forestière était plus importante en 2019 qu’en 2015, peut-être en raison de l’assouplissement récent des politiques de protection des forêts. Toutefois, la perte nette d’AGB était trois fois plus faible en 2019 qu’en 2015.

Entre 2010 et 2019, l’Amazonie brésilienne a subi une perte brute cumulée de 4,45 Pg C contre un gain brut de 3,78 Pg C, soit une perte nette d’AGB de 0,67 Pg C. La dégradation de la forêt (73 %) a contribué trois fois plus à la perte brute d’AGB que la déforestation (27 %), étant donné que l’ampleur de la dégradation dépasse celle de la déforestation. Cela indique que la dégradation des forêts est devenue le plus grand processus de réduction du carbone et devrait devenir une priorité politique plus importante ».

Lire le communiqué de presse sur : https://www.inrae.fr/actualites/impacts-degradations-environnementales-amazonie-foret-bresilienne-rejette-du-carbone-derniere-decennie

Découvrir la publication originale (en anglais) : https://www.nature.com/articles/s41558-021-01026-5

Global Forest Watch (GFW) est une plateforme en ligne qui met à disposition des données et des outils de suivi des forêts. Grâce à une technologie de pointe, GFW permet à chacun d'accéder à des informations en temps quasi-réel afin de savoir où et comment les forêts du monde entier évoluent.

Des milliers de personnes dans le monde entier utilisent Global Forest Watch (GFW) au quotidien pour suivre et gérer les forêts, lutter contre la déforestation illégale et les incendies, condamner les activités non durables, défendre leurs terres et leurs ressources, se procurer des biens de manière durable ainsi que pour mener des recherches inédites en matière de conservation.

Le site offre l’accès à l’information d’experts et non experts pour visualiser les changements dans la forêt au travers de cartes et de tableaux, d’une veille des forêts, à travers le Map Builder et le GFW Pro.

Les thèmes abordés sont la biodiversité, le climat, matières primaires, eau et le feu.

Que pouvez-vous faire avec Global Forest Watch?

Vous pouvez recevoir des alertes hebdomadaires concernant la déforestation. Ces alertes indiquent où la perte de couverture arborée se produit en temps réel dans les Tropiques.

Le blog GFW vous permet également de rester informé.e sur les actualités de la forêt en suivant les articles rédigés par leur équipe de chercheur.e.s.

Suivre les actions du GFW sur : https://www.globalforestwatch.org

Les nouvelles données de l’Université du Maryland (UMD), publiées sur Global Forest Watch, indiquent que les forêts primaires tropicales ont subi d’importantes pertes en 2019. Toutefois, qu’indiquent ces données en termes de causes des pertes et comment les comparer aux autres estimations de pertes ?

Ce que vous devez savoir à propos des données 2019  de Global Forest Watch relatives à la perte de la couverture arborée

Lire l’article : https://blog.globalforestwatch.org/fr/data-and-research/ce-quil-faut-savoir-sur-la-perte-de-couvert-arbore-en-2019/

Les versions en ligne de 6 rapports par filière (huile de palme, soja, cacao, bois, bœuf, hévéa) ont été révisées à la lumière des commentaires/suggestions faites par les membres du CST Forêt. Le bilan global de la prise en compte des exigences de la SNDI dans les standards de durabilité a également été présenté.

Lors de la réunion du 23 juin 2020, le chantier consacré à la certification de l’objectif zéro-déforestation à l’échelle des filières ciblées par la SNDI (huile de palme, soja, cacao, bois, bœuf, hévéa) a présenté au CST Forêt les six rapports de la revue de la littérature par filière. Les versions en ligne  de ces rapports par filière ont été révisées à la lumière des commentaires/suggestions faites par les membres du CST Forêt ; des commentaires ont également été ajoutés par le Copil et le Secrétariat du Comité.

Les six études filières seront publiées en tant que « rapports d’études » après validation par le Copil. Le premier rapport à être publié sera celui sur le cacao, suivi par le rapport sur le soja.

Bilan global de la prise en compte des exigences de la SNDI dans les standards de durabilité

Les six revues de littérature ont permis d’analyser comment les principaux standards de durabilité dans les six filières répondent aux exigences retenues dans la SNDI. Les justifications de cette estimation sont données dans les tableaux suivants pour chacun des standards (voir bilan d’étape en pièce jointe).

Orientations pour la suite de la réflexion sur les certifications « zéro déforestation » par filière

Des standards de durabilité paraissant compatibles avec les critères de la SNDI ont été identifiés dans quatre filières : huile de palme, bois, cacao, soja.

Une attention spécifique sera accordée à la filière soja, aux interactions possibles entre les standards de certification, et à la gestion du risque géographique lié aux zones de production, qui est la démarche proposée dans le cadre du chantier 3 du CST Forêt.

La Stratégie nationale de lutte contre la déforestation importée (SNDI) fêtera bientôt ses deux ans et plusieurs pistes d’application sont à l’étude.

Demeurent toutefois les interrogations centrales de la (ou des) définition(s) de la « forê t» qui puissent être opérationnelles parmi la grande diversité des pays producteurs, et des standards de durabilité des filières agricoles et forestières tropicales qui soient compatibles avec les exigences énoncées dans la SNDI. Une équipe du CIRAD et de ses partenaires a passé en revue les options envisageables sur ces deux questions et remettra prochainement ses rapports au Comité scientifique et technique Forêt de l’Agence française de développement (AFD).

Par Guillaume Lescuyer et Sylvie Gourlet-Fleury (Cirad), « Lutter contre la déforestation importée, mais pour quelle « forêt » et avec quels standards ? », Les Echos d’Ecofor n°47, septembre 2020, pp.46-47.

Lire l’article : http://www.gip-ecofor.org/wp-content/uploads/2020/09/Echos47.pdf

Le diaporama présenté lors de la réunion du 13 octobre permet d'avoir une vision de l'état d'avancement du chantier après la révision littéraire des filières par rapport aux standards de certification.

Les avancements du chantier Certification zéro déforestation ont été présentés pendant la réunion webinaire du 13 octobre 2021 en trois séquences :

  • Rappel des précédentes étapes du travail
  • Présentation des questionnaires sur les standards de certification
  • Méta-label : premiers résultats et perspectives

 

Le 27 mars 2017, la loi sur le devoir de vigilance est promulguée. Unique au monde, cette loi a une ambition claire : imposer aux grandes entreprises françaises une obligation de vigilance et les contraindre à répondre devant la justice française des violations aux droits humains et des atteintes graves à l’environnement résultant des activités de leurs filiales, fournisseurs et sous-traitants à travers le monde.

En l’absence de suivi de cette loi, le CCFD-Terre Solidaire et Sherpa, avec l’aide de la coopérative Datactivist, ont mis en place en juin 2019 un outil citoyen de suivi de la loi : le radar du devoir de vigilance.

Le radar du devoir de vigilance – Identifier les entreprises soumises à la loi (édition 2020), CCFD-Terre Solidaire & Sherpa, juin 2020, 12 p.

Lire le rapport méthodologique : http://www.gip-ecofor.org/wp-content/uploads/2020/09/Echos47.pdf

L’ouvrage collectif "Importer du soja sans contribuer à la déforestation. Proposition d’un mécanisme pour mettre en œuvre les engagements français" vient d’être publié.

L’ouvrage collectif « Importer du soja sans contribuer à la déforestation. Proposition d’un mécanisme pour mettre en œuvre les engagements français »   vient d’être publié, avec une préface de l’Ambassadeur à l’Environnement Yann Werlhing et un résumé exécutif de 4 pages. Ce texte est le résultat d’un des premiers chantiers collectifs du Comité Forêt, coordonné par Canopée et l’Iddri.

L’Ambassadeur à l’Environnement, Mr Yann Wehrling, signe la préface de l’ouvrage en saluant le dynamisme et le professionnalisme des animateurs de ce chantier, ainsi que tous ceux qui y ont contribué, par leur participation aux ateliers, leurs commentaires et leur partage d’informations et de données. Il conclut : « Mettre fin aux importations de soja issu de la conversion d’écosystèmes d’Amérique du Sud est donc un enjeu central des politiques de lutte contre la déforestation, ce qui explique que le premier chantier de déclinaison opérationnelle de la SNDI ait été réalisé sur cette commodité. Son objectif était de mettre en place un système d’analyse du risque lié aux importations de soja, permettant à terme d’y remédier. »

L’ouvrage, imprimé à 250 exemplaires, est disponible gratuitement en téléchargement.

En partenariat avec plusieurs organisations colombiennes et brésiliennes, Envol Vert, une association française basée en Amérique du Sud, a décidé d’enquêter sur la chaîne d’approvisionnement du Groupe Casino au Brésil et de mieux comprendre la traçabilité du marché bovin en Colombie.

Après une année d’enquête, Envol Vert démontre pour la première fois l’existence de liens concrets entre quatre fermes impliquées dans la déforestation illégale et des produits vendus dans les supermarchés du Groupe Casino au Brésil.

Groupe Casino, écoresponsable de la déforestation Envol Vert, juin 2020, 40 p.

Lire le rapport : http://envol-vert.org/wp-content/uploads/2020/06/Rapport-Casino%C3%A9coresponsable-de-la-d%C3%A9forestation.pdf

En savoir plus sur l’enquête d’Envol Vert : http://envol-vert.org/actu/2020/06/doublejeu/

Alain Karsenty, Cirad et Nicolas Picard, Inrae, dans leur article publié par The Conversation.com avancent des réflexions sur les pistes à explorer pour freiner la déforestation importée

30.06.2021. La France importe 20 % de son alimentation et cette part est croissante. Parmi ces produits agricoles figurent des denrées – huile de palme, bœuf, cacao, café, soja… – responsables de déforestation dans les pays qui les produisent ; c’est ce que l’on appelle la déforestation importée.

Sur les 10 millions d’hectares de forêts perdus chaque année, un peu moins des deux tiers peuvent être attribués à l’expansion agricole de manière univoque, est liée au commerce international. En luttant contre la déforestation importée, il est donc possible de lutter significativement contre la déforestation.

Effets du choix d’un seuil sur les perceptions de la déforestation et de la dégradation. Adapté de High Carbon Stock Approach, Author provided

Les auteurs de l’article sur The conversation.com Alain Karsenty, Cirad, Nicolas Picard, pour l’ Inrae, introduisent le concept de dégradation des forêts; ils font la distinction entre la déforestation légale et illégale en s’appuyant sur le règlement bois de l’Union européenne (RBUE). Sur les principes de ce règlement, ils rappellent le sens de la diligence raisonnée, et défendent l’idée d’introduire un différentiel fiscal entre les productions zéro-déforestation et les autres comme solution possible pour financer des aides pour soutenir les pratiques durables chez les petits producteurs.

Lire l’article complet sur: https://theconversation.com/quelles-pistes-pour-freiner-la-deforestation-importee-163304

Les auteurs sont également membres du CSTF:

  • Alain Karsenty- Économiste de l’environnement, directeur de recherches, enseignant à AgroParisTech et consultant international, Cirad
  •   Nicolas Picard- Directeur du GIP ECOFOR, chercheur en sciences forestières, Inrae